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COMMÉMORER LES BATAILLES DES PLAINES D’ABRAHAM, DE SAINTE-FOY ET LA GUERRE DE SEPT ANS (1756-1763)

Lorraine Guay

Géographe et auteure

Inauguré le 8 septembre 1828 par le gouverneur Dalhousie, le premier monument commémoratif érigé à Québec fut dédié aux généraux Montcalm et Wolfe qui s’affrontèrent mortellement sur les Plaines d’Abraham le 13 septembre 1759. Wolfe mourut le jour même, et Montcalm, le lendemain. Pièce maîtresse du jardin des Gouverneurs, le cénotaphe comprend un obélisque de 20,1 mètres et un piédestal. Les noms des généraux sont gravés sur les faces opposées et une inscription latine se traduit ainsi : « À tous deux, leur courage donna la mort; l’histoire, la renommée; la postérité, un monument ». Quarante ans plus tard, le monument est démoli, reconstruit et inauguré à nouveau le 8 septembre 1869. Plus près de nous, en 2010, les restaurateurs de Parcs Canada le démontèrent puis le remontèrent avec de nouvelles pierres pour lui redonner sa beauté et sa solidité d’origine.

Le monument Wolfe-Montcalm, face à la terrasse Dufferin, à Québec, tel que restauré par Parcs Canada en 2010. Photo : Lorraine Guay
Sur les plaines d’Abraham, les 19 et 20 septembre derniers, on pouvait voir une reconstitution historique de la vie en temps de guerre au 18e siècle. Photo : Lorraine Guay

Vidéo: Serge Trudeau

Monument aux combattants de 1759 et 1760

Le 13 septembre 2009, journée historique du 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham, la Commission nationale des champs de bataille a inauguré ce nouveau mémorial dédié aux combattants militaires et civils des batailles de 1759 et 1760, ainsi qu’à la population de la ville de Québec et des environs qui luttèrent pour survivre. Environ 75 descendants étaient présents pour honorer la mémoire de leurs ancêtres.

 Conçu par Claire Lemieux et Jean Miller, le mémorial comprend trois panneaux d’interprétation rappelant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la bataille des plaines d’Abraham (13 septembre 1759) et la bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760).

Une stèle de granit gris et noir coiffée d’un pyramidion en cuivre tient en l’air un parchemin en aluminium gravé symbolisant une page de notre histoire.

Les panneaux explicatifs exposent les événements chronologiques de la guerre de Sept Ans en Amérique et au Québec, ainsi que les batailles des plaines d’Abraham et de Sainte-Foy. 

Monument aux combattants inauguré le 13 septembre 2009. Photo: Lorraine Guay
Illustration de la bataille des plaines d’Abraham, 13 septembre 1759. Photo : Lorraine Guay
Illustration de la bataille de Sainte-Foy, 1760. Photo : Lorraine Guay
Plaque commémorative dédiée au Régiment Royal-Roussillon, l’un des cinq régiments français de la bataille des plaines d’Abraham. Photo : Lorraine Guay
La statue controversée de Jeanne d’Arc sur les plaines d’Abraham. Photo : Lorraine Guay

La statue Jeanne d’Arc et le jardin l’entourant sont inaugurés le 1er septembre 1938.

La sculptrice Anna Hyatt Huntington (1876-1973) représente l’héroïne vêtue d’une armure, montant un cheval avant la bataille. Elle surmonte un cénotaphe composé d’un bloc de pierre de 28 tonnes provenant des monts Notre-Dame, aux États-Unis.  

La statue est offerte à la Commission des champs de bataille nationaux par un couple d’Américains désirant garder l’anonymat. Il s’avère toutefois que la femme est nulle autre qu’Anna Hyatt Huntington. En 1938, le dévoilement du monument sème la controverse puisque la sainte avait libéré la France des Anglais. La symbolique des héros viendra justifier sa  présence dans le parc des Champs-de-Bataille: 

Comme emblème du patriotisme et de la vaillance des héros de 1759-1760   

Les Français victorieux. Plaque commémorative installée à l’angle de la rue des Braves, face au parc du même nom. Photo : Lorraine Guay
Détail du monument aux Braves montrant la statue de Bellone, déesse romaine de la guerre. Photo : Lorraine Guay

Situé à l’entrée du Parc des Braves, le Monument des Braves est érigé sur le site de la bataille de Sainte-Foy (1760), un affrontement sanglant entre français et britanniques qui fit plus de 450 morts et mille blessés, sept mois après la bataille des Plaines d’Abraham. En 1852, des ossements sont retrouvés qu’on enfouit dans un boîtier de zinc et de bois de rose près des ruines du moulin Dumont. Ce moulin était situé sur le site de l’actuel Parc des Braves.

L’architecte Charles Baillargé dessine le monument haut de 22 mètres surmonté d’une statue de Bellone, déesse romaine de la guerre, don du prince Jérôme-Napoléon, cousin de l’empereur Napoléon III. Le mémorial est inauguré le 19 octobre 1863.  Au fil des ans, le Monument des Braves requiert plusieurs travaux de restauration. Les plus récents se sont déroulés de 2023 à 2026 et ont coûté environ 1,5 M pour les ornements, les statues et plaques, son remontage, la reconstruction, ainsi que sa protection antisismique, indique Valérie Gignac, cheffe-coordonnatrice aux communications à la Commission des Champs de batailles nationaux (CCBN). L’ossuaire restauré a été réintégré à l’intérieur du monument sans avoir été ouvert comme le souhaitaient certains. « Comme il s’agit d’un lieu de repos, la CCBN n’a pas souhaité ouvrir la boîte», ajoute Mme Gignac.

Vue d’ensemble du monument aux Braves. Photo : Lorraine Guay

La guerre de Sept Ans en Amérique et au Québec

Plaque commémorant le cimetière de l’Hôpital-Général de Québec, où reposent plus de mille combattants victimes de la guerre de Sept-Ans. Photo : Lorraine Guay
Mémorial de la guerre de Sept ans, inauguré le 11 octobre 2001. Photo : Lorraine Guay

Dans le cimetière de l’Hôpital-Général de Québec se trouve le mémorial de la guerre de Sept Ans rappelant les victimes de ce conflit. L’idée en revient à l’auteur Jean-Yves Bronze. La sculpture « Traversée sans retour », œuvre de l’artiste Pascale Archambault, domine le paysage mémoriel composé de deux sections : l’une, évoquant les fosses communes où furent inhumées les victimes de la guerre et les dalles de pierre alignées où sont gravés pour chaque année de guerre les noms des combattants. L’autre, un jardin formé de six haies évoquant la vie. Ce projet fut une collaboration du Souvenir français et de la Commission de la capitale nationale du Québec.

 Le 11 octobre 2001, lors d’une grande cérémonie protocolaire, on procéda à la translation des restes de Louis-Joseph marquis de Montcalm de la chapelle des Ursulines vers ce mausolée spécialement aménagé. (Voir ce lien) Étaient présents la comtesse Robert de Montcalm et son fils, le marquis Guy Bertrand de Montcalm, descendants de l’illustre personnage. La valeur hautement significative, les éléments explicatifs, la dimension internationale et les différentes composantes du lieu en font un cimetière-musée.

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