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Disposition des cadavres : à travers les époques et les cultures.

Maurice Dupras

Coordonnateur, projet "Cimetières" de la Société de généalogie de Drummondville

Je voudrais avec cet article passer en revue les différentes méthodes utilisées d’une époque et d’une culture à l’autre pour disposer des cadavres.  Je n’ai cependant pas l’intention de décrire les aspects relevant des cérémonies et autres rites funéraires associés, religieux et autres. Je me contenterai donc de décrire l’étape de la disposition des cadavres, sujet beaucoup plus riche qu’on serait porté à le croire, surtout si l’on inclut les méthodes non conventionnelles, voire illégales ou criminelles.  La méthode utilisée dépend des coutumes locales, des religions du défunt et de ses survivants, des lois et règlements qui s’appliquent.  Et de nos jours, ce choix dépendra de plus en plus des convictions écologiques, qui prennent de plus en plus l’allure de préceptes d’une sorte de religion des temps nouveaux.

Les méthodes classiques et légales.

L’inhumation.

Ou, si l’on veut parler un plus crûment l’enterrement. Certainement la méthode la plus ancienne et la moins controversée, tout au moins dans les cultures occidentales.  Elle est aussi utilisée par les Chinois, les Japonais, les juifs, les chrétiens et les musulmans. Et c’était la seule officielle acceptée par l’Église catholique jusqu’en 1963. La découverte de sites funéraires au cours des fouilles archéologiques est souvent considérée comme la preuve d’un niveau minimal de culture, surtout si les sites contiennent des objets et des décorations qui pourraient avoir pour but de rappeler ou de célébrer le défunt ou de l’accompagner dans l’au-delà.  De nos jours, le défunt est normalement placé dans un cercueil qui est recouvert de terre (méthode nord-américaine) ou déposé dans un caveau scellé (méthode européenne).  Dans certaines circonstances telles que guerres, massacres, épidémies fulgurantes, les lois ne tiennent plus et les défunts peuvent être inhumés pêle-mêle sans cérémonie et parfois même sans linceul.  On parle alors plutôt de charniers.

La crémation.

Ce qui semble une quasi-nouveauté pour les Nord-Américains est pourtant la méthode ancestrale pratiquée par les Romains, les Grecs, les hindous, et les Mayas, entre autres et toujours utilisée de nos jours dans maintes autres cultures, religions et régions du monde. Le corps est déposé dans un amoncellement de bois et autres combustibles auquel on met le feu.  Dans sa version moderne et mécanisée, c’est maintenant au Québec la méthode la plus populaire. Depuis quelques décennies en Occident et dans les pays occidentalisés, la crémation se réalise dans un crématorium. Le corps est placé dans un cercueil  placé dans un four crématoire chauffé à 850 °C ou plus. C’est la chaleur, plus que les flammes, qui réduit en cendres le cercueil et le corps. La crémation dure environ une heure et demie.  Il ne reste alors qu’un squelette, en grande partie, qui est broyé et constitue en bonne partie ce qu’on désigne par « cendres », qui sont placés dans une urne.  Le terme « cendres », couramment est à strictement parler inexact, car ce n’est pas un produit de combustion, mais au contraire ce qui a résisté à la combustion. Le crématorium doit avoir un permis et répondre à plusieurs exigences légales.  Bien que les autorités de l’Église catholique approuvent (ou tolèrent?) la crémation depuis 1963, ce n’est pas sans y imposer un certain nombre de restrictions : le cendres doivent être enterrées ou placées dans une urne, laquelle devrait en principe être placée dans un cimetière et non dans un domicile.  La pratique de disperser les cendres dans la nature n’est pas approuvée non plus par l’Église catholique, sans être pour autant illégale, du moins au Québec, mais doit respecter certaines conditions, au demeurant assez vagues.  Mais la plupart du temps, de nos jours, les cendres sont inhumées dans les cimetières, ou placées dans une urne souvent accompagnée d’objets-souvenirs du défunt, et insérée dans une niche d’un columbarium.   Un échantillon des cendres peut être intégré dans des objets commémoratifs, bijoux et autres. Il peut alors être distribué à plusieurs membres de la famille. Mentionnons finalement que les religions juives, chrétiennes orthodoxes et musulmanes n’autorisent pas la crémation.  Le reproche qu’on fait souvent à cette méthode, c’est qu’elle n’est pas très écologique, considérant la quantité de carburant nécessaire à la combustion et l’expulsion dans l’atmosphère de gaz à effet de serre.  D’ailleurs certains centres travaillent activement à développer des méthodes de crémation moins énergivores (-50%) et moins polluantes. Par exemple au Cimetière Saint-Charles de Québec. Cependant il faut aussi dans la balance écologique l’économie d’espace public par rapport à l’enterrement.  Un facteur déterminant dans certaines régions. 

Les mausolées.

Il s’agit de placer le ou les défunts à l’intérieur d’un espace scellé qu’on crée dans un édifice généralement de petite taille.  Plus souvent réservé, au Québec, aux familles mieux nanties ou aux dignitaires.  Mais on peut aussi inclure dans cette catégorie les empilements de boîtes creuses en béton contenant les cercueils des défunts, structure que l’on observe dans certaines régions (exemple l’Équateur) par manque d’espace ou à cause de la difficulté de creuser le sol. 

Le mausolée le plus célèbre et qui n’est absolument pas de petite taille est le Taj Mahal, à Agra, en Inde, qui n’est autre que le mausolée érigé pour accueillir l’épouse de l’empereur Shah Jahan, puis l’empereur lui-même. 

Méthodes légales, mais inhabituelles

Le compostage

Aussi appelée « réduction organique naturelle » par pudeur, sans doute. Nous avons mentionné plus haut les critiques de plus en plus nombreuses des écologistes à propos de la crémation.  On voudrait donc pouvoir disposer de méthodes plus « vertes » pour la disposition des cadavres humains.  L’idée est de soumettre les corps à un compostage qui transforme toute la matière organique en un produit analogue à de la terre et riche en engrais, c’est le compost que les jardiniers connaissent bien. Les critiques face à ce procédé ne manquent pas, mais ce qu’on entend surtout c’est que le procédé est indigne puisqu’il rabaisse la dépouille humaine au niveau d’une pièce de bétail morte.  Notez bien, si on se place d’un strict point de vue biologique, c’est exactement ce qu’il est, mais on comprend qu’il est difficile d’admettre qu’un cadavre humain n’est pas une « personne ».  La plupart des religions, notamment, s’y opposent fermement.  Tout de même, certains entrepreneurs américains et scandinaves surtout, ont mis sur pied des installations commerciales de compostage des défunts.  Le procédé est plus ou moins le suivant : on place le corps dans un mélange de copeaux de bois et autres matières végétales (chauffé et aéré) auquel on ajoute des bactéries thermophiles qui décomposent la matière organique.   Le corps ne peut pas avoir été embaumé, car le formaldéhyde nuirait au processus.  La décomposition est presque complète après 30 jours, où un peut retirer le tout du contenant et laisser la fermentation se poursuivre pendant quelques semaines dans un autre récipient.  Il reste alors un squelette qu’on peut aussi réduire en continuant le processus ou broyer pour devenir les « cendres » comme dans la crémation. Les proches du défunt peuvent récupérer un sac de compost, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, qui peut, en étant mélangé à de la terre, servir à stimuler la croissance d’un arbre, par exemple.  C’est donc un véritable retour à la terre, et il sera réconfortant, pour un amant de la nature, de savoir que ses atomes vont devenir, à sa mort, des atomes d’un arbre, plutôt que de pourrir « inutilement » dans le sol d’un cimetière.  C’est évidemment une méthode totalement écologique ou presque. Le procédé a été légalisé dans les états de Washington, Colorado et Oregon. La firme Recompose, à Kent dans l’État de Washington est celle qui semble la plus avancée dans ce domaine.  Son tarif actuel : $7000 US.  Il a déjà été proposé de déposer le cadavre dans un sac (également compostable) directement en terre, de planter un arbre au-dessus et de laisser faire la nature.  Il est toutefois interdit, au Québec et probablement ailleurs, d’enterrer soi-même un cadavre et de toute façon l’enterrement doit obligatoirement être fait dans un cimetière approuvé.  Le problème que je peux y voir, c’est que la décomposition serait trop lente. La nature a tout de même besoin d’un coup de pouce.

L’inhumation céleste.

Cette méthode est peut-être celle qui heurte le plus notre sensibilité occidentale.  Il s’agit de laisser les cadavres à l’air libre, sur le somment d’une montagne ou au haut d’une tour destinée à cette fin, aussi appelée « Tour du Silence », pour qu’ils soient éventuellement dévorés par les vautours et autres nécrophages, loin de la population et des curieux.  Cette coutume existe toujours dans certaines parties du Tibet, de Chine, de l’Inde, du Népal et peut être associée au zoroastrisme.  Elle a même été utilisée par certaines tribus autochtones nord-américaines.  Il faut comprendre que dans certaines régions, on n’a guère le choix, lorsque le sol est très rocheux et qu’on ne dispose d’aucun combustible à portée de la main, tel que le bois.  Aussi surprenant que ça puisse paraître, en mettant de côté une certaine répugnance naturelle, on doit admettre que c’est en fait une méthode des plus écologique, propre en quelque sorte, puisque le corps n’est même pas décomposé et qui ne génère aucun polluant atmosphérique en plus d’être rapide.  Les os doivent cependant être récupérés et broyés.

Les obsèques en mer

Voici là une méthode sûrement ancienne, puisqu’elle a forcément été utilisée pendant les longs périples maritimes d’autrefois, où la mortalité en mer était loin d’être négligeable.  On n’a qu’à penser aux bateaux négriers, où le taux de « perte » était effarant.  Le défunt est convenablement enveloppé et alourdi pour assurer sa descente dans les profondeurs.  Mais là aussi, il ne faut pas se leurrer, le cadavre est dévoré, après un certain temps, par des animaux : les poissons.   On pourrait aussi classer dans cette catégorie les cendres dispersées dans la mer et même, plus étrangement, un mort laissé sur une barque qu’on laisse dériver sur les flots.

La dissolution

Cette méthode consiste à dissoudre le corps dans un réceptacle fermé contenant une solution le plus souvent fortement alcaline.  L’appellation varie, au Québec, par exemple on parle d’aquamation ou même de crémation par l’eau.  On laisse donc entendre que c’est l’eau qui effectue le travail, mais en réalité c’est surtout la soude qu’on y ajoute.  La solution, qui circule continuellement dans le réceptacle, est chauffée à 96 C.  La dissolution prend environ 12 heures.  Il reste alors un squelette qui est broyé et qu’on déposera dans une urne, exactement comme après la crémation.  Le terme « cendres » est en fait inexact de toute façon, dans un cas comme dans l’autre.  Mais on comprend qu’il serait inconfortable et moins respectueux de parler d’os broyés même si c’en est.  Côté avantages, le processus est certainement plus écologique, car l’énergie requise est clairement moindre que pour une crémation, quoique plus élevée que pour le compostage. Aucun cercueil n’est requis mais si la famille désire tout de même une exposition dans un cercueil, on peut louer un cercueil temporaire. Dans ce cas le corps aura été au préalable embaumé. Le processus est beaucoup plus rapide que le compostage, soit environ 12 heures plutôt qu’un mois.  Ceci permet un fonctionnement plus efficace, requérant moins d’espace. Certains s’inquiètent d’une contamination chimique des eaux usées par la soude, mais la quantité produite est toute de même peu importante et facilement prise en charge par les facilités de traitement des eaux usées des municipalités. Aucun déchet solide ne subsiste après le traitement.  Côté désavantage, il est surtout d’ordre psychologique, car plusieurs considèrent qu’il est irrespectueux d’envoyer dans les égouts un corps humain, même s’Il est dissous.  Plusieurs autorités religieuses s’y opposent pour cette raison. Le service est de plus en plus disponible, dans de nombreux états américains et provinces canadiennes.

Autres méthodes

Don de son corps à la science.

C’est du moins l’expression consacrée.  Au Québec, on peut léguer son corps pour étude en s’adressant à l’une des universités possédant une faculté de médecine ou au Collège de Rosemont (exception : Université de Montréal).  D’autres programmes du genre sont en place en France, en Belgique et au Royaume-Uni, pour ne nommer que ceux-là. La plupart du temps, c’est pour la formation des étudiants en médecine que ces cadavres sont utiles, mais parfois aussi à des fins de recherche.  Au Québec, et tout probablement dans les autres régions mentionnées le don reste anonyme et les défunts de tout âge sont acceptés, mais certaines conditions s’appliquent.  Les enseignants s’assurent que les étudiants utilisent les corps avec le plus grand respect.  Quand le cadavre ne peut plus être utilisé, il est généralement envoyé en crémation et inhumé. Les universités organisent en fin d’année universitaire un genre de service funéraire commun pour les donateurs, où les étudiants ont l’occasion de remercier ces donateurs de leur contribution à leur formation.  Une cérémonie qu’on dit très émouvante, pour plusieurs.
 Aux États-Unis, la législation permet une utilisation des cadavres beaucoup plus diverse, et ceux qui sollicitent ces dons doivent tout de même posséder une licence.  Il faut lire le livre de Mary Roach à ce sujet « Macchabées, la vie mystérieuse des cadavres » pour s’en faire une bonne idée.  Elle y rapporte que les cadavres sont aussi utilisés, entre autres, par la division de recherche de l’Armée américaine et par les fabricants d’autos pour les essais de sécurité reliée aux accidents de la route.  Il faut dire que Mme Roach a fait son enquête sur le terrain vers 2003.  Mais est-ce bien différent en 2022?  C’est à voir.  La faible réglementation américaine a donné lieu à ce qu’il faut bien appeler un commerce des cadavres. 
Un scandale considérable a éclaté en 2014, quand on a découvert un centre en Arizona où étaient stockés des centaines de corps ou partie de corps, qui pouvaient être vendus à ceux qui le demandaient.  On disait aux familles que le corps serait « donné à la science », mais c’était une interprétation très généreuse du terme.  Par exemple, un homme a découvert que le corps de sa mère décédée de la maladie d’Alzheimer et qui avait été légué prétendument pour étudier cette pathologie a dans les faits été utilisé par l’armée américaine pour étudier les effets de bombes.  Voir le reportage de la BBC sur cette histoire https://www.bbc.com/news/world-us-canada-49198405

Body farms ou Ferme de morts.

Une application particulière de « don à la science » que nous avons décrit en détail dans un article précédent sur ce site Web est ce qu’on appelle plutôt gauchement « Body Farm » ou « Ferme des morts ».  Ce sont des centres de recherche qui étudient le déroulement du phénomène de décomposition des cadavres en plein air et dans diverses conditions.  Le but est d’améliorer les connaissances en médecine légiste et en science policière tout particulièrement pour déterminer avec de plus en plus de précision le moment précis d’un décès jugé louche.  C’est souvent un élément crucial des enquêtes. 

L’inhumation dans l’espace.

Mais oui, c’est possible.  On peut faire mettre en orbite ou dans la stratosphère un petit échantillon de cendres funéraires et même l’envoyer sur la lune.  Il existe même au moins une firme commerciale qui vend ce service :  Celestis, en affaire depuis 1994. La visite de son site Web, celestis.com est pleine de surprises.  On peut acheter différents services : lancement dans l’espace et retour sur terre, mise en orbite terrestre, envoi sur la lune ou en orbite lunaire et voyage dans l’espace infini.  Les prix sont à l’avenant, de $2495 à $12500.  On fournit même une application pour tracer dans l’espace le satellite portant l’échantillon du cher disparu.  Mieux encore, vous n’avez même pas besoin d’être décédé, on peut envoyer aussi dans l’espace un échantillon de votre ADN! 

Conversion en diamant.

Il existe des firmes commerciales qui offrent de convertir en diamant un échantillon des cendres funéraires.  Voir par exemple : https://www.lonite.com/en/  une compagnie suisse dont c’est d’ailleurs la spécialité. La technique consiste à isoler et purifier le carbone contenu dans les cendres.  Car il faut savoir que le diamant est composé exclusivement de carbone.  Puis en soumettant ce carbone à des pressions énormes et sous haute température, on peut produire du diamant pur. D’ailleurs la fabrication de diamant par cette méthode n’est pas vraiment une nouveauté.  Le chimiste que je suis est très sceptique quant à son utilisation comme échantillon PERSONNEL du défunt. Oui, cette méthode est au point, mais il faut tout même réaliser que les atomes de carbone sont absolument identiques d’une personne à l’autre et sont les mêmes que ceux qu’on retrouve dans tous les composés chimiques carbonés.  Donc tous les diamants produits par Lonite sont chimiquement identiques, quelle que soit la personne dont les cendres ont fourni le carbone transformé en diamant.  Donc rien de personnel dans ce diamant, contrairement aux cendres qui sont la partie non combustible des os broyés. Mais comme souvenir du défunt, pourquoi pas, et ce sont de très beaux bijoux.

Méthodes de préservation

Jusqu’ici nous avons décrit des méthodes de traitement des cadavres qui détruisent, physiquement parlant, le corps.  Mais il existe aussi des méthodes de préservation qui conservent ce corps, après la mort, sous une certaine forme.

La cryoconservation.

Nous y avons fait allusion dans un article différent sur ce même site Web.  L’idée est de conserver le défunt en le congelant à très basse température.  L’idée a été popularisée un peu grâce à Walt Disney, qui est préservé sous cette forme.  Le but est en fait de faire revenir à la vie le défunt en le décongelant, dans un avenir indéterminé.  Logiquement, il faudrait congeler l’individu avant sa mort, mais je doute que ça puisse se faire légalement où que ce soit.  Il faut avoir une très bonne dose d’optimisme pour espérer un retour à la vie.  D’abord que la décongélation n’endommage pas, ce qui serait déjà un tour de force, puis qu’on puisse inverser le processus de mort, donc ressusciter, et espérer que la médecine sera assez avancée, à ce moment-là pour guérir le patient, le remettre en santé relative.  Mais qui sait où sera la médecine dans 50 ans? On peut aussi se demander comment pourrait s’adapter une personne soudainement transférée dans un futur éloigné.  Un bon thème de science-fiction qui a d’ailleurs été utilisé fréquemment.

La momification

On connaît bien maintenant cette technique utilisée dans l’Égypte ancienne pour conserver le corps des pharaons et autres dignitaires.  Les organes sont retirés et conservés à part pendant que le corps est asséché.  La croyance derrière la momification est que le défunt ne cessait pas vraiment d’exister après sa mort, mais qu’il passait dans une forme de vie différente : l’au-delà.  C’est pourquoi on laissait avec la momie des objets qui pourraient loi être utiles dans cet au-delà et même parfois des serviteurs.  Notons qu’une certaine forme de momification a aussi été utilisée dans d’autres régions, par exemple au Chili.

La taxidermie

Oui, ça s’est déjà fait chez des humains.  Le cas le plus célèbre est celui de Julia Pastrana (voir ce nom sur Wikipédia), une femme noire affectée d’hypertrichose.  Son corps ainsi conservé a été montré dans divers musées, cirques, parcs d’attractions pendant une centaine d’années.

La plastination

De juillet à septembre 2007, le Centre des sciences de Montréal présentait Body Worlds 2, une exposition conçue par l’anatomiste allemand Gunther von Hagens, qui a mis au point en 1977 le procédé de plastination. Ce procédé qui consiste à remplacer l’eau et la graisse des tissus par du silicone ce qui stoppe la décomposition des tissus sans en altérer la forme ni les couleurs.  De plus, ces corps étaient présentés dans des positions de la vie quotidienne.  Naturellement, l’exposition a soulevé une certaine controverse, d’autant plus qu’on soupçonne que les humains en question provenaient de laboratoires chinois bien équipés pour cette longue et difficile transformation et qu’on a soupçonné qu’il s’agirait de condamnés à mort. D’autres firmes, telles que Premier Exhibitions ont pris la relève avec « Bodies » présenté à Québec.  Quoi qu’il en soit, la technique permet de visualiser les détails du corps humain avec un réalisme extraordinaire.

Disposition criminelle des cadavres

Tout ce que nous avons décrit jusqu’ici concernait des méthodes de disposition des cadavres légales.  Pas nécessairement partout dans le monde, mais dans certains pays ou régions à une certaine époque tout au moins. Mais cette modeste compilation ne sera pas complète sans décrire brièvement le côté sombre de la médaille : les dispositions non seulement illégales, mais carrément criminelles. Et il faut tout de même admettre que les criminels ont fait preuve pour arriver à leur fin, avec ou sans succès, à beaucoup d’imagination. Voici quelques exemples typiques.

Avertissement : la section qui suit comporte détails lugubres ou dégoûtants, je préfère vous en avertir.

Enterrement. Le plus évident est l’enterrement, bien entendu.  Certains criminels ont même poussé l’audace jusqu’à enterrer leur victime dans un cimetière.

Dissolution. Par des solutions acides ou alcalines.  Le cas le plus célèbre : Jeffrey Dahmer.

Note : Ces deux dernières méthodes sont légales, mais pas de la façon que les criminels les utilisent.  Voyons maintenant des méthodes carrément criminelles.

Cannibalisme.  Jeffrey Dahmer encore.

Animaux. Donner le cadavre en pâture à des les animaux (exemple : Robert Pickton)

Cimetières de voitures.  Surtout ceux qui utilisent le compactage.  D’autres installations industrielles ont aussi été utilisées.

Incendies. Placer le cadavre dans un immeuble et y mettre le feu.

Abandon dans la nature.  En choisissant un endroit éloigné et retiré, ex. grotte.

Jeter dans un plan d’eau. Parfois en plaçant le cadavre dans du béton, solution favorisée par le crime organisé.  

Entreposage à long terme.  Exemple : un congélateur, qui est parfois enterré.  Cas québécois célèbre : l’affaire Claire Lortie.

Et tout ce qu’on peut imaginer et pire encore.

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